Catherine de Russie

Catherine II ou Catherine Alexeievna, impératrice de Russie, est née à Stettin le 2 mai 1729 et décédée le 17 novembre 1796 à Saint-Pétersbourg. Elle était fille de Christian Auguste, prince d'Anhalt-Zerbst, général au service de la Prusse. Née dans la religion luthérienne, elle avait été baptisée sous le nom de Sophie-Auguste; elle l'échangea contre celui de Catherine lorsqu'elle se convertit à l'orthodoxie russe pour épouser le 1er septembre 1745 le grand-duc Pierre Fedorovitch.

Catherine était très supérieure en intelligence à son époux et l'union ne fut pas heureuse. Son époux songeait à l'exiler ou à l'enfermer dans un couvent. Au mois de janvier 1762, il monta sur le trône sous le nom de Pierre III. Catherine, grâce à son intelligence, à ses démonstrations bruyantes de dévotion orthodoxe, avait conquis les sympathies du peuple russe. Soutenue par Orlovet son frère Alexis, elle ourdit une conspiration qui avait pour objet d'obliger l'empereur à abdiquer et de proclamer la tsarine régente pendant la minorité du grand-duc Paul, alors âgé de huit ans. Les troupes et le clergé acclamèrent Catherine comme impératrice. Pierre fut emmené au château de Ropcha et y fut assassiné le 17 juillet 1762.

Catherine se fit sacrer impératrice de Russie à Moscou avec la plus grande pompe. En 1764 elle plaça sur le trône de Pologne Stanislas Poniatowski, qui avait été son amant. Peu après elle enleva aux Turcs la Crimée et les forteresses d'Azov, de Taganrog, de Kinburn et d'Ismaël. En 1772 elle conclut avec la Prusse et l'Autriche un traité qui démembrait la Pologne et donnait à la Russies gouvernements de Polotsk et de Mohilev; le traité de Kainardji, conclu en 1774 avec l'empire Ottoman, lui assura plusieurs provinces méridionales et lui ouvrit la mer Noire. En même temps qu'elle reculait ainsi les limites de son empire, Catherine imprimait une activité nouvelle à l'agriculture et à l'industrie, encourageait les lettres et les arts, était en correspondance avec Voltaire, d'Alembert, et recevait Diderot à sa cour. En 1793 et 1795, elle acheva, par de nouveaux partages, d'anéantir la Pologne, en joignant à ses États ce qui restait au dernier souverain de ce malheureux pays. Catherine II de Russie mourut en 1796 d'une apoplexie foudroyante.